L’enjeu de ce travail est de trouver «les origines et les généalogies des
cinq sens (toucher, ouïe, vue, odorat, goût)» (senso-gonie) dans les
cultures gréco-romaine et judéo-chrétienne, les deux cultures fondamentales
de l’Occident. Pour ce faire, nous employons la méthod earchéologique
afin de remonter au point où les cinq sens sont codifiés pour la première
fois, et la méthode généalogique afin de pouvoir analyser l’objectivation
et la subjectivation des cinq sens dans chaque domaine. En conséquence,
nous pouvons observer le processus selon lequel les Anciens créent, par
le moyen de l’extériorisation des cinq sens qui leur sont les plus
fondamentaux et intermédiaires en commun, ‘le code mythologique des
cinq sens extériorisés et objectivés qui permet à leurs contemporains
d’expliquer la naissance de l’Univers (monde, dieu, homme, etc.), et le
processus plus subtil selon lequel ils forment, à travers l’intériorisation des
cinq sens, ‘le code classique des cinq sens intériorisés et subjectivisés’
qui permet d’expliquer la naissance des âmes composées de raison et de
sentiments, et de contrôler ces âmes. De sorte que se voient diminuées
les tendances traditionnelles de grande obligation, et les doctrines
dominantes jusqu’à présent d’unifier hic et nunc les diverses
cosmo-gonies, et d’uniformiser les multiples psycho-gonies (origine des
âmes) afin de faciliter les contrôles sur presque tous les domaines
(politique, sociologie, religion, pensées etc.). Mais depuis l’aube de
l’histoire humaine déjà, se dévoile un bio-pouvoir, à plus précisément
parler selon ce travail, un senso-pouvoir sur les différents horizons eo
tempore et ibi ensible et pratique où se trouve la pluralisation des
cosmo-gonies et des psycho-gonies.